Exposition – Rémy Jacquier – Changer d’aire

  • Pouzilhac
  • du 12 janvier 2026 au 25 janvier 2026
  • Gratuit
  • Exposition – Vernissage / Inauguration
Exposition - Rémy Jacquier - Changer d'aire_Pouzilhac

À l’occasion du Festival de la Truffe, la galerie Ceysson & Bénétière présente au Domaine de Panéry l’exposition Changer d’aire de Rémy Jacquier autour du dessin et du geste, explorant le rapport entre espace, air et création.

Il faut savoir parfois sortir de l’atelier pour prendre l’air, muni d’un minimum consistant en un carnet de croquis ni trop grand, ni trop petit – A5 ou avoisinant – et d’un stylo feutre ou bille. Un simple carnet, un simple stylo afin d’éviter toute velléité du déjà presque faire œuvre qu’impliquerait le choix d’un beau papier à fort grammage et d’un outillage à caractère éminemment artistique.

Car il ne s’agit pas d’aller sur le motif, de chercher formes et couleurs pour confronter ou vérifier le bien fondé d’un vocabulaire formel laissé en suspens derrière la porte qui vient d’être fermée. Il s’agit de prendre l’air sans présumer d’une quelconque production de trace. Il est, en effet, toujours possible qu’au retour de cette escapade, le carnet soit reposé sur la table sans que rien n’ai été écrit, noté ou dessiné. Prendre l’air, c’est avaler de l’espace par les pieds en alternant sans rythme régulier les traversées et les arrêts. Avaler de l’espace par les yeux en changeant les points d’attention du regard entre les lointains, les alentours et les proximités, en profondeur et en panoramique. C’est changer ses lignes de fuites, tête renversée pour suivre une ligne d’avion ou, fouillant le ras du sol, au plus près du pas grand chose, éprouver l’infime équilibre d’un insecte sur une carotte sauvage ou quelques bogues de châtaignes déjà pourrissantes.

Prendre l’air c’est sonder de l’espace en écoutant les lignes sonores se tisser : basse continue du même – ou d’un autre – avion, réverbération d’une tronçonneuse difficile à localiser, zinzin grelottant des grillons et cri de buse contrapuntique. C’est partir tout encombré d’images – Dürer et sa touffe d’herbe, Van Gogh et la plaine du Crau, Vallotton, Beuys et la reine des abeilles, Thek… – et, vite fait, se laisser désencombrer par l’imprévu du réel, par l’impossible du trait, par l’insaisissable bordel du tout.

Il faut ensuite savoir retourner à l’atelier, à ce lieu où peuvent être revus et repensés les fragments graphiques collectés afin de les projeter vers un nouveau mode d’existence. Feuilleter les pages des carnets, comme on fouille un terrain, en se laissant aller à la découverte de ce qui avait été difficile de percevoir dans l’instant du dépôt graphique dans le carnet. Savoir être surpris non pas par ce qui à été noté mais par l’occupation rythmique de la page par le trait. Être à la recherche d’une économie de moyens qui permettrait de rejouer ce rythme, de le déployer sans le dénaturer ni l’alourdir.

Il s’agit donc, dans un premier temps, d’incorporer le croquis de départ en changeant le format, obligeant ainsi un déplacement du point d’articulation des tracés : des phalanges au poignet, du poignet au coude, du coude à l’épaule. De répéter cet enchaînement jusqu’à retrouver l’impulsion qui motivait le croquis de départ, son instantanéité. Opération nécessitant un changement d’outil et de technique ; un passage au pinceau – sensible aux moindres variations – et à l’encre de chine empêchant tout repentir. Travail de répétition qui apporte alors son lot de différences, d’accidents auxquels il faut être attentif afin de décider de leur rejet auquel cas on recommence – ou de leur acceptation en les intégrant dans la conduite du dessin.

Ces dessins à l’encre sont à leur tour regardés, triés, choisis en fonction de leur capacité à restituer une circulation d’air entre les lignes, puis implantés dans un milieu coloré réalisé à l’aide de pigments passés au chiffon, c’est à dire d’une couleur plus pensée en tant que lumière qu’en tant que peinture, mis à distance par une lente et patiente mise au carreau où chaque carré est travaillé l’un après l’autre comme une petite abstraction. Car in fine, ce vers quoi il faut tendre, c’est bien d’arriver à donner présence à ce peu esquissé dans le carnet, à donner à voir le pas grand chose observé, à rendre l’air que l’on avait pris en sortant de l’atelier.

Toutes les dates

Du lundi 12 janvier 2026 au dimanche 25 janvier 2026

(Vernissage le 17 janvier 2026.)

lundi

11h à 18h

mardi

11h à 18h

mercredi

11h à 18h

jeudi

11h à 18h

vendredi

11h à 18h

samedi

11h à 18h

dimanche

11h à 18h

Tous les tarifs

Gratuit

Plus d’infos

Langues parlées : Français

Tourisme adapté

Accessible en fauteuil roulant avec aide

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Fiche mise à jour par : Destination Pays d’Uzès Pont du Gard Signaler une erreur

Galerie Ceysson & Bénétière
Domaine de Panéry
Route d’Uzès
30210 Pouzilhac

07 86 94 64 47

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