NegPos présente pour cette rentrée deux expositions sur le thème de la guerre et des effets qu’elle produit. A découvrir, « La vie défigurée » et « La jeune fille au chevreau. »
Lorqu’Erent Lock (gravure) et Jean-Pierre Hercourt (textes) sont venus trouver Patrice Loubon, directeur artistique de la galerie NegPos FotoLoft, pour lui proposer l’exposition La vie défigurée, il n’a pas hésité une seconde devant la qualité des œuvres et du contenu qu’il lui était soumis.
Il a, de plus, immédiatement entrevu la possibilité que cette exposition en génère une autre qui apporte une nouvelle dimension en mettant en scène une femme plutôt que des hommes, l’état de sa recherche sur la passionnante histoire de la Jeune fille au Chevreau, œuvre du sculpteur Marcel Courbier.
Le thème de la guerre et des effets qu’elle produit, trouve ainsi une double résonance.
D’une part, l’annihilation de l’humanité s’exprime dans ces deux expositions de manière totalement différentes, avec chez Erent Lock le rappel de l’un des éléments les plus cruels, La vie défigurée est le cri sans voix de ceux que l’on a sacrifié, les « Gueules cassées », soldats du peuple envoyés à l’abattoir. L’admirable travail d’Erent Lock est dessiné et gravé, les cisaillements de sa pointe sont autant de scarifications sur des visages ravagés par la violence du conflit.
On pourrait y voir du Max Beckmann par certains aspects ou du Fautrier pour l’aspect sériel et l’engagement. Représentations difficiles à soutenir du regard, perturbantes au possible, elles vont sans nul doute hanter les visiteurs pendant longtemps.
La recherche de Patrice Loubon s’appuie elle sur des ressorts totalement différents, les méthodes de l’investigation journalistique ou criminelle. Elle passe par une collecte de pièces à conviction, d’images, de courriers et par une autre tendance vers une rhizomisation à la Perec, où les histoires surgissent les unes après les autres, les unes dans les autres, se connectant entre elles, ne faisant s’éloigner que davantage l’artiste de son point de départ mais nourrissant une épopée du siècle, des années 1920 aux années 1970.
L’écho du conflit est ici différé, complexifié, conceptualisé par l’auteur qui s’échine à démonter cette fresque tel un mécano le moteur V6. Qu’en restera-t-il à la fin ? C’est au spectateur à le dire et à construire à partir de ces éléments ses propres conclusions.
Eric Roth
Historien de l’art
Du vendredi 11 septembre 2026 au vendredi 9 octobre 2026
(Vernissage le vendredi 11 septembre à 18h30)
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Fiche mise à jour par : Ville de Nîmes – Signaler une erreur
NegPos : 2e étage du bât. B
1 Cours Nemausus
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